Catégorie : Pionniers du XXe siècle

En car vers Compostelle en 1934

Un des premiers pèlerinages du XXe siècle La recherche des pèlerinages collectifs à Compostelle nous fait remonter les années, 1949 l’abbé Branthomme, 1948 un pèlerinage d’étudiants, 1938 Charles Pichon, 1934 le voyage en Galice de l’association France-Espagne et un pèlerinage organisé par Notre-Dame du Salut. Le pèlerinage de l’association France-Espagne, dont le président d’honneur était Edouard Hérriot, n’est connu que par une brève note du consul de France à La Corogne. Le second pèlerinage a eu lieu du 6 au 22 juin 1934. Départ de la gare d’Orsay pour Biarritz le 5 juin. a par contre été décrit par un des participants, l’abbé Lelièvre, aumônier du lycée Pasteur. Peu après son retour, il a rendu compte de ce pèlerinage en publiant  une intéressante petite brochure de 33 pages dont voici quelques extraits. L’abbé Lelièvre en pèlerinage Un pèlerin peu enthousiaste  Dans quel état d’esprit était Monsieur l’abbé ?  » Peuh ! me disais-je, un pèlerinage mort, des montagnes pelées, des villes mal entretenues, un pays qui s’effondre … ». Mais il est quand même attiré …  » … si nous poussions jusqu’à l’Alcazar de Séville ! mais nous n’irons qu’à Tolède. » Un point le rassure, l’organisateur est le Père Olivier qu’il apprécie pour avoir  » fait la Terre Sainte  » avec lui.* Un groupe remarqué par sa ferveur Leur groupe fera le voyage dans un car muni de fanions français,...

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Charles Pichon, un pèlerin méconnu

Charles Pichon mérite d’être mieux connu des pèlerins et de tous les curieux intéressés par les chemins de Compostelle. Journaliste catholique engagé, persuadé que le pèlerinage est facteur de paix, il a lutté, en particulier pendant la guerre, pour qu’il soit utile aux relations franco-espagnoles. Il disparut trop tôt pour connaître l’essor contemporain. L’avait-il même entrevu ? Charles Pichon, un journaliste engagé pour Compostelle Caricature de Charles Pichon (Wikimedia) Promoteur de Compostelle De 1938, à sa mort en 1963, Charles Pichon, journaliste spécialiste des questions religieuses a joué un rôle majeur concernant Compostelle. Homme de foi, il s’est efforcé de faire admettre que les pèlerinages étaient des facteurs de paix et de compréhension. Par son intermédiaire, le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle a été utilisé à plusieurs reprises comme lien entre la France et l’Espagne à des époques difficiles pendant lesquelles les autres relations étaient coupées. Un pèlerinage sous tension En 1938, Charles Pichon, journaliste à l’Echo de Paris, obtient des autorités françaises l’autorisation d’organiser un pèlerinage à Compostelle, sous la condition expresse que les pèlerins s’abstiennent en Espagne de toute activité politique. Trois cent participants répartis dans sept autocars sont accompagnés par les autorités espagnoles et les dirigeants du tourisme. Vingt-cinq ans après, Charles Pichon raconte dans un bulletin associatif : C’était l’été 1938. La guerre civile sévissait alors en Espagne, mais son issue ne faisait pas de...

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Au Puy, un évêque pèlerin

Avec les étudiants de Bordeaux En 1935, l’abbé Martin est aumônier des étudiants à Bordeaux. Il organise un pèlerinage à Compostelle évoqué en ces termes par Osmin Ricaud dans Aspects Gascons des Chemins de Saint-Jacques : Pour la première fois, une histoire des pèlerinages de Saint-Jacques parle de la fatigue, de la faim, des ampoules et du mal aux dents. Pour la première fois, nous voyons un pèlerin parvenu à son but souffrir dans son âme et dans son corps, verser des pleurs.  » Pour la première fois, nous apercevons enfin dans ces confessions pures de tout calcul le pèlerin de jadis et de toujours, car si les chemins, les hôtelleries, les hôpitaux ont changé de visage, l’homme est resté le même avec ses élans courageux pour atteindre son rêve, la limite de ses forces physiques et de sa volonté, la joie de la réussite et l’amertume des renoncements. Je tiens à souligner, en terminant, ces quelques lignes du  » Padre  » : « Oserai-je dire qu’après avoir annoncé urbi et orbi l’organisation du pèlerinage et lancé mes invitations, j’ai éprouvé quelque déception en ne trouvant que trois étudiants au départ.  » L’Abbé Joseph Martin (devenu ensuite archevêque de Rouen) était alors Aumônier des Etudiants Catholiques de Bordeaux. Il avait quelques raisons de croire à la sincérité, à la force de leurs convictions religieuses. Ces jeunes gens étaient alors oisifs,...

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