Catégorie : Chemins

Chemins de Compostelle

De l’origine du pèlerinage à la fin du XXe siècle, les pèlerins se rendant à Compostelle ont emprunté les chemins de tous les voyageurs. L’idée de l’existence de chemins de Compostelle historiques est née à la fin du XIXe siècle. Elle a orienté sur une fausse piste tous les travaux du XXe siècle dont la définition de l’Itinéraire culturel européen. Chemins de pèlerins Présentation d’itinéraires de pèlerins et d’extraits de leurs récits. Le Puy et la via Podiensis L'histoire racontée au Puy Depuis 1987, les chemins de Saint-Jacques sont Itinéraire Culturel Européen. Le Conseil de l’Europe leur a ainsi donné une notoriété plus grande qu’à aucune époque de l’histoire. Compostelle est devenue un symbole d’unité européenne vers... Quand les fausses cartes font la loi L’inconstestable engouement dont font l’objet les chemins de Saint-Jacques de Compostelle est un phénomène sociétal qui repose plus sur un mythe contemporain que sur l’Histoire avérée. Deux décisions politiques ont joué un rôle déterminant dans la propagation de ce... Depuis quand parle-t-on de chemin de Saint-Jacques ? Cette désignation est présente dans des textes littéraires et dans des documents montrant leur utilisation réelle. en voici des exemples, non exhaustifs. Dans la littérature La première mention provient indiscutablement du Pseudo-Turpin sous la forme : « le chemin... La vision grandiose de Raymond Oursel Un site la Fondation David Parou Saint-Jacques. Cette association de chercheurs indépendants renouvelle la...

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Le Puy et la via Podiensis

L’histoire racontée au Puy Depuis 1987, les chemins de Saint-Jacques sont Itinéraire Culturel Européen. Le Conseil de l’Europe leur a ainsi donné une notoriété plus grande qu’à aucune époque de l’histoire. Compostelle est devenue un symbole d’unité européenne vers lequel convergent chaque année des marcheurs venus de tous horizons par des chemins tracés pour eux dans les dernières décennies du XXe siècle. Les plus récents sont la via de la Plata qui vient du fond de l’Espagne rappelant un ancien itinéraire commercial et l’antique Via Regia qui joignait la Pologne à l’Allemagne prolongée maintenant jusqu’à Compostelle pour s’offrir aux pèlerins contemporains. Aujourd’hui la ville du Puy est mondialement connue comme « l’origine de la Via Podiensis vers Saint-Jacques-de-Compostelle ». Elle est pour 75% des pèlerins français le point de départ obligé. Le discours du site Internet de l’Office du Tourisme les y encourage.  L’information de l’Office du tourisme « Au XIe siècle, l’Evêque Gothescalk, qui passe pour être le premier pèlerin à s’être rendu à Saint-Jacques-de-Compostelle, décide d’associer plus étroitement la cité ponote et le sanctuaire espagnol. Pour renforcer cette volonté, il fit édifier en 962 une chapelle dédiée à Saint-Michel sur le rocher volcanique d’Aiguilhe. Au cours des siècles qui suivirent, le rayonnement du Puy-en-Velay ne fit que croître, attirant des millions de pèlerins venant se recueillir devant la statue de la Vierge Noire. Certains d’entre eux partaient ensuite pour...

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Quand les fausses cartes font la loi

L’inconstestable engouement dont font l’objet les chemins de Saint-Jacques de Compostelle est un phénomène sociétal qui repose plus sur un mythe contemporain que sur l’Histoire avérée. Deux décisions politiques ont joué un rôle déterminant dans la propagation de ce mythe. Leur déclaration de premier Itinéraire Culturel Européen en 1987 et l’inscription du Camino francés au patrimoine mondial de l’Unesco en 1993, Une bonne partie des légendes que transmet la très abondante littérature à propos des chemins de Saint-Jacques repose sur une carte, totalement fausse. Le présent travail, qui croise le regard d’une géographe et celui d’une médiéviste, cherche à montrer par l’image – à savoir la carte – comment un mythe peut devenir réalité.   De la carte (juste localisatrice) de Jeanne Vielliard traduisant sous le titre de Guide du pèlerin – une partie d’un manuscrit du XIIe siècle qu’aucun jacquet du Moyen-Âge n’a dû lire – à celle du topoguide de la FFRP qui draîne les pèlerins contemporains sur les voix pseudo-historiques, on glisse doucement de quelques points de localisation à des ébauches de tracés, puis au péremptoire de l’historiquement, mais faussement, correct.   Première carte figurant des tracés de chemins en France due à Francis Salet (1937). Cette carte de plus de 2m de haut était peinte sur un mur de la salle des monuments médiévaux au musée des Monuments français (Palais de Chaillot à Paris). Elle...

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Depuis quand parle-t-on de chemin de Saint-Jacques ?

Cette désignation est présente dans des textes littéraires et dans des documents montrant leur utilisation réelle. en voici des exemples, non exhaustifs. Dans la littérature La première mention provient indiscutablement du Pseudo-Turpin sous la forme : « le chemin formé d’étoiles » que l’on trouve dans la bouche de saint Jacques lorsqu’il indique à Charlemagne l’itinéraire à suivre pour venir délivrer son tombeau. Au XIIIe siècle, le poème de saint Julien dit : « Sur le chemin de Saint-Jacques firent une pauvre auberge entre le bois et le chemin où passe maint pèlerin. Ce pas estoit fort périlleux. Beaucoup d’hommes y sont morts car sur l’eau n’y avoit ni pont ni planche. Souvent pèlerins s’y noient ». Au XIVe siècle, la chanson de geste L’Entrée d’Espagne, évoque la « sentelle du baron saint Jacques » que les chevaliers doivent aller élargir. En 1491, l’archevêque de Toulouse Bernard du Rosier écrit : « … Trois ans fut Charlemaigne en Espaigne. Et de l’or que lui donnerent les roys et les princes il augmenta l’eglise de monseigneur saint Jaques… Et du residu de l’or et de l’argent qu’il avoit aporté de Espaigne il fit faire les eglises qui ensuyvent c’est assavoir l’eglise Nostre Dame de Acquisgran et de sainct Jacques en icelle mesme ville. L’eglise aussi de saint Jaques en la cité Biterence, de saint Jacques e Thoulouze, de sainct Jaques en Gascongne entre la cité...

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La vision grandiose de Raymond Oursel

Un site la Fondation David Parou Saint-Jacques. Cette association de chercheurs indépendants renouvelle la vision traditionnelle de saint Jacques et Compostelle. Elle souhaite offrir à tous ceux qui prennent un chemin de Compostelle la possibilité de marcher les yeux ouverts sur l’histoire, les mythes et légendes de Compostelle. La Fondation s’appuie sur les travaux de Denise Péricard-Méa, pèlerine de Compostelle en 1982, docteur en histoire, engagée dans la recherche par René de La Coste Messelière en 1983. Son objectif est de faire mieux connaître saint Jacques et comprendre Compostelle. Elle réunit des chercheurs de plusieurs disciplines et prolonge jusqu’à l’époque contemporaine les recherches de .DEnise Péricard-Méa.  Elle a ainsi permis la publication par Bernard Gicquel de la seule traduction en français du Codex calixtinus. Ce manuscrit, base de la légende de Compostelle, est aussi à l’origine des chemins contemporains de Compostelle. Les visiteurs qui ne l’ont pas lu trouveront ci-dessous deux pages extraites du livre de Raymond Oursel Pèlerins du Moyen Age,. En 1963, il n’avait pas entrevu la vocation politique du dernier Livre du Codex Calixtinus, devenu le Guide du pèlerin, mais il porte un regard lucide sur la manière dont sont redessinés les itinéraires routiers de son époque. La vision grandiose de Raymond Oursel Quatre pèlerinages aussi riches en grâces que Compostelle Une extrême variété d’itinéraires était concédée au pèlerin de France, d’Allemagne ou d’Italie jusqu’à la traversée des Pyrénées. Hors...

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L’Europe couverte de chemins

En Espagne, l’intérêt de promouvoir Compostelle est très vite apparu après la fin de la guerre. En 1948, dans le discours qu’il prononça le 25 juillet à Compostelle, le général Franco exprimait le voeu que « les chemins de Compostelle s’ouvrent au-delà du rideau de fer ».  Dès 1950, des intellectuels français hispanisants créaient à Paris une association française qui a joué un rôle moteur pour la promotion de Compostelle. Elle a suscité la création d’associations similaires en Europe et a su les mobiliser pour appuyer la demande de l’Espagne au Conseil de l’Europe et aboutir à la décision de 1987. En 1996...

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Le premier chemin tracé en France

Aujourd’hui, la ville du Puy occupe une place unique dans la pratique du pèlerinage à pied. Elle passe pour être le point de départ obligatoire pour Compostelle. Il n’est qu’à entendre certaines réflexions et questions, par exemple celles-ci : «Je pars du Puy, on ne peut pas partir d’ailleurs» ou «je voudrais partir de chez moi, est-ce possible ?» ou «Je ne veux pas partir du Puy, ne me demandez pas pourquoi». Cet état de fait est né d’une coopération entre Compostelle et le Puy basée sur l’Histoire, mise en place dès 1951, pour des raisons qui, actuellement, sont encore hypothétiques. Ensuite mai 1968 a sans doute joué un rôle accélérateur dans l’engouement pour la randonnée pédestre. La majesté des paysages de l’Aubrac, la faible densité de population ont contribué au succès d’un chemin inventé à partir du début des années 1970 sur des bases historiques bien fragiles....

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La naissance des chemins en France

Une idée née au XIXe siècle De l’édition d’un manuscrit du XIIe siècle L’idée de l’existence de chemins de Compostelle en France et au-delà est née de l’édition en 1882 du dernier Livre du Codex calixtinus. Ce Livre commence en effet par les mots  » Quatre chemins conduisent à Compostelle « . Il désigne quatre villes de la grande Aquitaine par lesquelles passent ces chemins : Tours, Vézelay, Le Puy et Arles et indique très sommairement des itinéraires en mentionnant des sanctuaires sur chacune de ces routes. Le XIXe siècle avait redécouvert les pèlerinage avec les apparitions de la Vierge. Il avait aussi réinventé le Moyen Age et idéalisé les  » pieux pèlerins médiévaux  » devenus des modèles dans une société en voie de déchristianisation. Etait-il le guide des pèlerins médiévaux ? Edité au moment où les guides pour les touristes prenaient leur essor, une question se posa d’emblée aux érudits qui l’eurent en mains : ce Livre pouvait-il avoir été le guide des pèlerins médiévaux ? Pour y répondre, ils auraient dû au moins étudier sa diffusion. Qui avait pu connaître ce Livre et comment ? Quels pèlerins médiévaux pouvaient en avoir eu connaissance ? Si incroyable que cela paraisse aujourd’hui, personne ne songea à faire la moindre étude Sans hésitation tous se rallièrent à une réponse affirmative. Il s’agissait bien du guide des pèlerins, apportant de nombreuses informations sur...

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